Syndicat des Jeunes Biologistes Médicaux

Excellence - Ethique - Conscience

 

Pour une Biologie Médicale unie et indivisible

Dans cette rubrique, retrou­vez la chro­nique rédi­gée par un jeune bio­lo­giste, Michaël Bar­rand qui se lance dans la créa­tion de son laboratoire.

 

1/6

 

Le 23 mars 2010

 

Bon­jour à tous,

Je vais com­men­cer par me pré­sen­ter : Michaël Bar­rand, je suis méde­cin bio­lo­giste depuis peu (fin d’internat octobre 2009). Je tra­vaille actuel­le­ment comme bio­lo­giste sala­rié d’une SEL de 3 labo­ra­toires, dont mon père est asso­cié principal.

Je suis en train de me lan­cer dans la créa­tion d’un labo­ra­toire indé­pen­dant, et je vais sur ce site rela­ter toutes les étapes de cette aven­ture, en expli­quant tous les pro­blèmes ren­con­trés au fur et à mesure de l’opération, pro­blèmes qui ont déjà lar­ge­ment com­men­cés, comme vous ver­rez un peu plus loin!

Voici où j’en suis à l’heure actuelle : j’ai trouvé un lieu qui me semble avoir le poten­tiel pour y faire un labo­ra­toire. Je suis donc parti à la recherche d’un local, que j’ai trouvé, et que je vais louer à par­tir de la date d’ouverture du labo. Ce local n’est pas en super état, et tous les tra­vaux sont bien sûr à ma charge.

J’ai contacté un archi­tecte maitre d’oeuvre qui m’a pro­posé un pro­jet de trans­for­ma­tion, avec un pré­vi­sion­nel des tra­vaux à effec­tuer accom­pa­gné d’une esti­ma­tion des couts, qui se révèle être bien salée! Après vali­da­tion de son pro­jet, il s’est occupé de l’envoi du dos­sier à la Direc­tion Dépar­te­men­tale de l’Equipement, char­gée de la déli­vrance du per­mis de construire. Et c’est là que les ennuis com­mencent! Une archi­tecte des Bâti­ments de France a rejeté le pro­jet, arguant du fait que les cou­leurs choi­sies étaient froides, et qu’elle veut des cou­leurs chaudes!!! De plus, elle me demande de rem­pla­cer les tuiles du toit, qui est en excellent état je le pré­cise, par des tuiles de « cou­leur chaude »!! Bref, l’argent des autres ne lui coute pas grand chose… Et moi je pré­fère du blanc et du bleu pour mon labo.. C’est moi qui paye, ais-je tout de même le droit de don­ner mon avis?

Fran­che­ment, il faut savoir res­ter bien calme quand on se lance dans un pro­jet.. C’est devant ce genre de situa­tions qu’on se rend compte de la toute-puissance de la bureau­cra­tie en France.

Bon à part ça, mon souci majeur est l’accréditation. L’ordonnance rend obli­ga­toire l’accréditation, préa­la­ble­ment à toute ouver­ture de labo. J’ai appelé le COFRAC pour leur deman­der s’ils connais­saient la marche à suivre. Il semble qu’une fois tout mon maté­riel ins­tallé, mes vali­da­tions de méthodes effec­tuées (!) et toute ma docu­men­ta­tion (!) je doive envoyer un dos­sier au COFRAC, qui m’enverra un ins­pec­teur qui me déli­vrera une attes­ta­tion comme quoi le labo est accré­di­table sous 3  mois. Puis avec cette attes­ta­tion, plus pein d’autres papiers, je doive deman­der une auto­ri­sa­tion d’ouverture à l’ARS, qui a le pou­voir de la refu­ser… Bref, ça semble ingé­rable en l’état! Com­ment ima­gi­ner que l’ARS puisse me refu­ser l’ouverture après que j’ai financé toute l’installation du labo?? Et com­ment je fais pour rem­bour­ser mon emprunt si je ne peux pas ouvrir dès que tout est prêt?? Je pense que je vais devoir contac­ter un res­pon­sable de l’ARS (qui d’ailleurs n’existe pas encore..)  et le COFRAC pour mettre au point un timing qui fonc­tionne. Je m’attend à ce que ce soit pas simple..

Sinon, j’ai contacté un notaire pour la créa­tion d’une SELARL. C’est la SELARL qui fera l’emprunt ban­caire. J’ai un accord de prin­cipe avec ma banque, avec ma cau­tion per­son­nelle.  Il semble que les banques consi­dèrent encore la créa­tion d’un labo comme un pro­jet viable, puisque ma banque ne m’a pas demandé une cau­tion fami­liale ou autre.

Bon, voilà où j’en suis.. Je pense écrire deux ou trois articles par mois, avec tous les pro­blèmes que je ren­con­tre­rai. Si un jeune bio­lo­giste désire avoir plus de détail, je répon­drai volon­tiers à toute question.

Bien à vous, Michaël

 

2/6

 

Le 29 avril 2010

 

Bon­jour,

Après un mois depuis le der­nier article, les choses avancent dou­ce­ment, et voilà ce que je peux dire depuis la der­nière fois.

Pour créer un labo, il y a plu­sieurs choses bien dif­fé­rentes à faire plus ou moins en même temps, avec chaque fois un inter­lo­cu­teur avec qui il est bon de bien s’entendre.

Après avoir trouvé le local, il faut contac­ter un archi­tecte, qui sera le maitre d’oeuvre. C’est pour l’instant l’interlocuteur prin­ci­pal, je déve­lop­pe­rai un peu plus loin son rôle, et ce dont il a besoin pour tra­vailler. Il faut bien sûr, et même préa­la­ble­ment, avoir un accord de prin­cipe de son ban­quier. L’estimation des coûts en pre­mière inten­tion est four­nie par le maitre d’oeuvre, et c’est ce qui sert de base à la banque. Il est néces­saire de four­nir un dos­sier pré­vi­sion­nel d’activité pour dos­sier du prêt, chose bien dif­fi­cile à réa­li­ser! Une fois le mon­tant du prêt défini, le nombre d’années du prêt et le taux fixés, il y a toute une série de for­ma­li­tés à accom­plir, mais pour cela pas besoin de connais­sances par­ti­cu­lières : la banque gère. Un élément impor­tant à ce stade, il est néces­saire d’avoir une idée assez pré­cise de la date des pre­miers décais­se­ments, à voir avec le maitre d’oeuvre pour le début des travaux.

Le maitre d’oeuvre donc : il est néces­saire d’avoir une bonne idée de la manière dont on veut orga­ni­ser les locaux. Cette phase de réa­li­sa­tion des plans (ter­mi­née pour moi) prend du temps. Il faut essayer de pen­ser à tout : salles tech­niques fer­mées pour la bac­té­rio, taille des salles de pré­lè­ve­ment, nombre d’accueil patients, salle d’archive, local infor­ma­tique, local pou­belle, avec accès facile vers l’extérieur, ves­tiaires.. Plus la déco­ra­tion! Un archi­tecte n’ayant pas tou­jours déjà fait un labo, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de par­fait tout de suite, ne pas aller trop vite et y pas­ser un temps! A cela, il faut ajou­ter les contraintes règle­men­taires : accès han­di­ca­pés, sécu­rité incen­die etc.

Une fois les plans plus ou moins ter­mi­nés, c’est le maitre d’oeuvre qui gère tout seul toutes les for­ma­li­tés (et il y en a beau­coup..) de dépôt du dos­sier de per­mis de construire. A voir notam­ment, dif­fé­rents for­mu­laires d’états des lieux (inté­rieur et exté­rieur), le pro­jet (idem), l’insertion dans le site, les notices de sécu­ri­tés etc. Il doit s’adresser aux bâti­ments de France, aux pom­piers, à la direc­tion dépar­te­men­tale de l’équipement, à la mai­rie. Tout ceci pour dire qu’il faut du temps, et que le maitre d’oeuvre ne fait pas tout cela gra­tui­te­ment! Les dépenses ne sont donc pas négli­geables, même avant que le pre­mier ouvrier de chan­tier n’ait mis le pied sur le site.

Quelques détails amu­sants sur la légis­la­tion des tra­vaux : il est obli­ga­toire d’engager pen­dant toute la durée des tra­vaux un « coor­di­na­teur de sécu­rité », qui doit être pré­sent pour véri­fier que les entre­prises de construc­tion res­pectent les normes de sécu­rité. Il est là, il observe, il regarde, et je le paye! Autre amu­se­ment : la loi pré­voit que la res­pon­sa­bi­lité du maitre d’ouvrage (donc moi) est « enga­gée vis-à-vis des entre­prises adju­di­ca­taires et de leurs employés ». Tra­duc­tion : si une entre­prise choi­sie pour s’occuper de quoi que ce soit emploie par exemple des tra­vailleurs au noir, ou toute autre fraude, j’en suis plei­ne­ment res­pon­sable péna­le­ment! Sympa…

Donc voilà où j’en suis : les plans sont faits, mon prêt fina­lisé, la demande du per­mis de construire dépo­sée. Reste à ter­mi­ner les sta­tuts de la société (dans mon cas une SELARL, qui est l’option que l’expert comp­table m’a conseillé), néces­saire pour com­men­cer réel­le­ment les tra­vaux (puisque c’est la société qui emprunte).

Suite au pro­chain épisode ! ;-)

Michaël

 

3/6

 

Le 23 mai 2010

 

Bon­jour à tous!

Dans ce billet je vais abor­der le sujet des démarches admi­nis­tra­tives concer­nant l’autorisation d’ouverture.

Sur ce sujet, à l’heure actuelle les choses ne semblent pas encore bien fixées.. Cer­tains décrets devant encore être publiés, sans doute cou­rant juillet (source : ARS Alsace et DGS)

Il y a 10 jours, je suis allé suivre une for­ma­tion très inté­res­sante de 2 jours sur la norme ISO 15189, dans laquelle les inter­ve­nants étaient des audi­teurs COFRAC. J’ai pu pro­fi­ter de cette for­ma­tion pour leur poser des ques­tions sur les moda­li­tés pra­tiques d’ouverture à l’heure actuelle. J’ai eu la chance de ren­con­trer un bio­lo­giste (l’un des inter­ve­nants) très impli­qué dans le COFRAC et dans l’accréditation des labo­ra­toires, qui m’a orienté vers une res­pon­sable de la DGS, qui a pu répondre à cer­taines de mes ques­tions, notam­ment sur la manière d’organiser un timing pour faire coïn­ci­der le moment où le labo­ra­toire sera prêt à fonc­tion­ner avec l’attestation du COFRAC (je vais y reve­nir) et l’autorisation d’ouverture de l’ARS. En pre­mier lieu, elle m’a confirmé qu’il était néces­saire de prendre contact avec le COFRAC et l’ARS, et que selon elle, il serait pos­sible d’ouvrir tout de suite après la visite des évalua­teurs COFRAC (bien entendu à condi­tion qu’ils me délivrent l’attestation), à condi­tion d’avoir envoyé à l’ARS le dos­sier de demande d’ouverture bien avant.

J’ai donc contacté l’ARS, où là encore j’ai eu la chance d’avoir une inter­lo­cu­trice à l’écoute. J’avoue que j’avais un peu peur que l’on me dise quelque chose comme « je ne peux rien vous dire, les lois et décret ne sont pas tous sor­tis, ni tous bien étudiés, je ne peux pas vous aider.. Débrouillez-vous! ». Comme je l’ai déjà sou­li­gné dans mon pre­mier article, l’une de mes prin­ci­pales craintes est d’être dans une situa­tion dans laquelle le labo serait prêt à fonc­tion­ner, le per­son­nel engagé (et payé..), les contrats avec les four­nis­seurs signés (et payés..), mon emprunt à rem­bour­ser, et pas d’autorisation d’ouverture! Mal­gré tout, en l’état actuel des choses, la loi actuelle pré­voit un délai d’instruction par les ARS de 2 mois après le dépôt du dos­sier, dos­sier censé conte­nir la fameuse attes­ta­tion COFRAC. Mon inter­lo­cu­trice à l’ARS m’a ras­suré sur ce point, en m’expliquant qu’ils avaient bien conscience du pro­blème et qu’ils feraient leur pos­sible pour réduire au maxi­mum ce délai.

L’attestation COFRAC

Il s’agirait (tel que je l’ai com­pris) d’un cer­ti­fi­cat prou­vant que le labo­ra­toire est apte à fonc­tion­ner en toute sécu­rité pour les patients (notam­ment concer­nant la for­ma­tion du per­son­nel, la vali­da­tion de méthodes, la par­ti­ci­pa­tion à des contrôles de qua­lité etc) et qu’il est accré­di­table dans les 3 mois. Cette attes­ta­tion per­met l’ouverture d’un labo­ra­toire, mais n’équivaut pas à une accré­di­ta­tion ; l’accréditation elle-même se fai­sant dans un deuxième temps  (mais dans les 3 mois…), avec le retour des audi­teurs et une évalua­tion sans doute plus poussée, puisqu’il est évidem­ment impos­sible d’auditer le fonc­tion­ne­ment d’un labo­ra­toire qui n’est pas encore ouvert.

Il me reste donc à recon­tac­ter le COFRAC (j’avais déjà télé­phoné il doit y avoir 2 mois de cela) pour ten­ter de mettre en place un calen­drier et leur deman­der les éléments dont ils ont besoin pour obte­nir cette fameuse attes­ta­tion au bon moment. La dif­fi­culté vient du fait que la visite doit (je sup­pose) être pré­vue bien en avance, et ne peut avoir lieu avant que le labo­ra­toire ne soit prêt à ouvrir, ni beau­coup après, pour les rai­sons énon­cées ci-dessus! Le tout étant à faire égale­ment coïn­ci­der avec la fin des tra­vaux, tou­jours sujette à impré­vus. Exemple très récent : la rage de dent (?) d’un ingé­nieur béton devant rendre son rap­port vient de me faire perdre 8 jours dans l’avancement des travaux!

A suivre…

Michaël

 

4/6

 

19 juin 2010

 

Bon­jour à tous,

Petit billet sur la suite des évènements. Décidément, ce n’est vrai­ment pas facile.

Au niveau de la construc­tion, l’architecte maitre d’oeuvre avance, a com­mencé à envoyer des demandes de devis, mais pour l’instant tou­jours pas de per­mis de construire. Les choses trainent..

Mais ce n’est pas mon pro­blème prin­ci­pal. Comme relaté dans mon pré­cé­dent billet, j’ai récem­ment télé­phoné à un res­pon­sable de l’accréditation au COFRAC. Pour les côtés posi­tifs, je dirais qu’ils sont faci­le­ment dis­po­nibles, mon inter­lo­cu­teur a répondu à mes ques­tions et m’a sem­blé à l’écoute et sen­sible aux dif­fi­cul­tés posées par ce pro­jet de création.

Pour les côtés néga­tifs.. Les textes ne sont tou­jours pas sor­tis, les moda­li­tés d’obtention de cette fameuse attes­ta­tion res­tent donc assez floues. Aussi, et sur­tout, tous les délais posent des pro­blèmes que  j’ai bien du mal à résoudre. Il faut que je dépose un dos­sier com­plet au moins 4 mois (4 mois!) avant la date pré­vue d’ouverture. Dos­sier com­plet com­pre­nant toute la docu­men­ta­tion du labo­ra­toire! Com­ment réa­li­ser toute ce tra­vail pour un labo­ra­toire qui n’existe que sur papier?? Même en y consa­crant un temps infini, je n’en voit pas le bout.

Ce fameux dos­sier (vous n’allez pas y croire..) était sup­posé conte­nir les enre­gis­tre­ments de mes vali­da­tions de méthodes, impli­quant donc que tous les tests soient réa­li­sés sur mes machines, avec le per­son­nel engagé et formé, tout cela plus de 4 mois avant l’ouverture!!! Ça donne un peu envie de mordre les murs.. Je me suis ima­giné assis dans mon labo ter­miné, fonc­tion­nel, jouant aux cartes avec mon per­son­nel (payé) en atten­dant des mois une auto­ri­sa­tion d’ouvrir, pen­dant que mes machines et mes réac­tifs moi­sissent et que mes dettes se creusent! Ubuesque, Kaf­kaïen! Bon heu­reu­se­ment, et après avoir expli­qué l’évidente impos­si­bi­lité d’une telle pro­cé­dure, je crois avoir été entendu. Heu­reu­se­ment, et c’est ce qui me console un peu, je n’ai pas eu à faire face au mur d’incompréhension totale que l’on ren­contre par­fois en recher­chant les conseils des orga­nismes admi­nis­tra­tifs (..mis à part à la DDE, cf. mon pre­mier billet). Tant à l’ARS Alsace, à la DGS qu’au COFRAC, j’ai pu  faci­le­ment par­ler à un res­pon­sable, et chaque fois pu expli­quer les pro­blèmes et ima­gi­ner des solutions.

A priori, il pour­rait suf­fire (!)  d’envoyer toutes les pro­cé­dures de fonc­tion­ne­ment du labo et autres docu­ments (ceux qui connaissent bien la norme 15189 mesu­re­ront la tâche..), les listes du maté­riel prévu et des ana­lyses effec­ti­ve­ment réa­li­sées sur place (rap­pel : 85% des actes) ainsi que les dos­siers COFRAC à rem­plir, et dans un deuxième temps la véri­fi­ca­tion que toutes les vali­da­tions de méthodes, habi­li­ta­tions du per­son­nel, enre­gis­tre­ments métro­lo­giques (encore un vaste sujet..) et autres enre­gis­tre­ments néces­saires pour satis­faire la norme sont bien réa­li­sés sera faite sur site lors de la visite des audi­teurs. Le labo­ra­toire devra donc être plei­ne­ment fonc­tion­nel et accré­di­table à ce moment là. Et ensuite, encore 15 jours à jouer aux cartes avec le per­son­nel en atten­dant l’attestation (si je n’ai pas trop d’écarts et pas d’écarts cri­tiques.. Dans le cas contraire, je n’ose même pas ima­gi­ner la suite..). Mais pour­quoi ce délai?? A ce moment là, et de nou­veau à condi­tion bien sûr que j’aurais réussi à éviter les écarts cri­tiques, suis-je vrai­ment un tel dan­ger poten­tiel pour les patients qu’il faille me faire subir ce délai??? En tout cas celui là, je ne crois pas qu’il y ait moyen de le négocier..

Bref je crois qu’il n’était déjà pas si simple de créer un labo­ra­toire avant l’ordonnance et la néces­sité d’accréditation, mais alors main­te­nant.. Je me demande si les ins­ti­ga­teurs de tout cela ont la moindre idée des dif­fi­cul­tés pra­tiques.. Ont-ils déjà essayé de réa­li­ser ce qu’ils font subir aux autres? Ou est-ce une volonté poli­tique que de rendre la créa­tion d’un labo pour les jeunes bio­lo­gistes qua­si­ment impos­sible, de manière plus diplo­mate qu’une simple loi l’interdisant fran­che­ment? Bref, une impres­sion un peu désa­gréable qu’à l’heure actuelle ceux qui légi­fèrent, qui créent les règles, qui véri­fient, qui jugent, sont net­te­ment pri­vi­lé­giés par rap­port à ceux qui font.

Petit aparté : et pen­dant ce temps, le fond d’investissement bri­tan­nique 3i (pour Inves­tors In Indus­try…) coté à la bourse de Londres rachète un réseau d’établissements de soins et un réseau de labo­ra­toires, dans l’indifférence géné­rale.. Aucun conflit d’intérêt qu’ils disent!

Désa­busé? Oui un peu…

 

5/6

 

Le 14 sep­tembre 2010

 

Bon­jour à tous,

Tout d’abord, toutes mes excuses pour le long inter­valle de temps depuis mon der­nier billet. J’avais un peu la « tête dans le gui­don » ces der­niers temps, pour la construc­tion de mon sys­tème de mana­ge­ment de la qua­lité, et le dos­sier COFRAC.

Mais voilà, je peux dire que les choses avancent, j’ai envoyé mon dos­sier la semaine der­nière. Aujourd’hui une res­pon­sable de l’accréditation m’a contacté pour me deman­der des docu­ments com­plé­men­taires de mon SMQ, concer­nant notam­ment la ges­tion de contrôles qua­lité, la ges­tion du sys­tème docu­men­taire, les revues de contrat et bien d’autres ! Il s’agit de la pro­cé­dure nor­male. Bien sûr, cer­tains des docu­ments que j’ai envoyés sont à modi­fier, ceux concer­nant la por­tée d’accréditation et sa pro­cé­dure de ges­tion. Ce sont des docu­ments qu’il faut faire, et dont la rédac­tion n’est pas vrai­ment intui­tive ! Mais j’ai eu des expli­ca­tions claires, la res­pon­sable que j’ai eu au télé­phone a pris le temps de m’expliquer en détail ce qu’il fal­lait faire.

Sinon, pour les tra­vaux : les choses sont bien lan­cées, et le plan­ning prévu devrait me per­mettre de dis­po­ser d’environ 1 semaine ou 10 jours avec les machines pour pro­cé­der aux dif­fé­rentes vali­da­tions de méthodes avant la visite pré­li­mi­naire des évalua­teurs du COFRAC. C’est court… J’espère que ça suf­fira ! J’ai sug­géré l’idée que je puisse vali­der seule­ment une par­tie repré­sen­ta­tive des ana­lyses réa­li­sées sur site pour la visite pré­li­mi­naire, sachant que je dis­po­se­rai de toute façon d’environ 15 jours avant de rece­voir l’attestation m’autorisant à ouvrir pour vali­der les autres (par­tant du prin­cipe que si j’arrive à vali­der la méthode de dosage du sodium sur ma machine, je devrais pou­voir m’en sor­tir avec le chlore…).

…Idée qui semble ne pas avoir ren­con­tré une adhé­sion franche !!! Je m’attends à devoir tout faire avant la visite pré­li­mi­naire. Ca va être chaud.

Voilà ce que je peux vous dire pour l’instant. Je reste entiè­re­ment dis­po­nible pour répondre à toute ques­tion par mail !

Bien à vous,

Michaël

6/6


Le 25 novembre 2010

Bon­jour,

A nou­veau toutes mes excuses pour le délai depuis le pré­cé­dent article (2 mois.. Je suis loin de tenir le rythme!).

Evi­dem­ment, beau­coup de nou­velles, de pro­blèmes, je conti­nue à apprendre!

Je vais com­men­cer par par­ler d’un pro­blème admi­nis­tra­tif tout con, mais qui me prend un temps fou (et me saoule à un point..)

Il s’agit des ins­crip­tions aux tableau de l’ordre, l’enregistrement ADELI à l’ARS et la demande de carte CPS (néces­saire pour pou­voir faire des feuilles de soin électroniques).

Alors pour résu­mer, je décon­seille à tout le monde de vou­loir ouvrir un labo dans un autre dépar­te­ment que celui où vous travaillez!!!

Expli­ca­tions :

- Pour obte­nir une carte CPS, il faut : 1) envoyer tout un dos­sier qui passe à l’ordre, à la sécu, et cela prend de temps  2) un numéro d’ordre et un numéro ADELI

- Pour obte­nir un numéro ADELI auprès de l’ARS, il faut préa­la­ble­ment être ins­crit sur les listes du dépar­te­ment de l’ordre

- Pour s’inscrire à l’ordre, il faut deman­der sa radia­tion des listes de l’ordre du dépar­te­ment pré­cé­dent d’exercice et deman­der un trans­fert du dossier

- De plus, pour uti­li­ser Réso­pharma (d’après ce que j’ai pu com­prendre, c’est néces­saire pour les FSE), il faut un numéro FINESS, numéro que je ne pour­rai pas obte­nir avant les « auto­ri­sa­tions des auto­ri­tés de tutelle » pour l’ouverture (càd ARS et COFRAC)..

Toutes ces étapes prennent évidem­ment du temps.. Ce qui fait qu’il m’est abso­lu­ment impos­sible, même en y ayant pensé très tôt, de pou­voir uti­li­ser les feuilles de soins élec­tro­niques au labo dès l’ouverture. Et je passe sur l’emmerdement de devoir rem­plir à nou­veau 10 mil­lions de for­mu­laires à la con pour toutes ces réins­crip­tions, for­mu­laires stric­te­ment iden­tiques à ceux déjà rem­pli l’année der­nière. Mais bien sur, faire pas­ser un dos­sier à un collègue, c’est un sacré bou­lot.. Cer­tains ont du juger qu’il était plus simple (pour eux, s’entend) de tout faire refaire.

Quel pays de fous! Et cer­tains s’étonnent du manque de PME en France par rap­port à d’autres…

Bon assez parlé de cela, je suis à nou­veau proche de la crise convulsive.

Concer­nant le chan­tier du labo, les choses avancent plus ou moins selon le plan­ning, et c’est heu­reux parce qu’il va com­men­cer à faire sérieu­se­ment froid la semaine pro­chaine! Dif­fi­cile de bos­ser par — 10°C..

Je vais enfin par­ler un peu de la manière de gérer le maté­riel de laboratoire :

Le plus dif­fi­cile, c’est clai­re­ment l’informatique. Il faut pré­voir très en avance un plan­ning avec le four­nis­seur du SIL, et l’installateur des connexions réseaux. Ça, c’est vrai­ment pas simple. Il faut de plus pré­pa­rer le dic­tion­naire d’analyses (c’est un bou­lot), pré­voir les connexions exté­rieures HPRIM méde­cins, HPRIM labo, et voir avec chaque four­nis­seur d’automates quand et com­ment réa­li­ser les connexions. Là encore, c’est beau­coup de travail!

Les machines, ça fina­le­ment c’est un peu moins com­pli­qué. Une fois les four­nis­seurs choi­sis, cha­cun vous pro­pose une solu­tion (achat, loca­tion..), un plan­ning d’installation, et par­fois une aide à la vali­da­tion de méthodes (aide bien­ve­nue!). Par contre, ce qui est moins facile c’est de pré­voir (tou­jours le même pro­blème!) un plan­ning qui tienne la route. Dif­fi­cile de pla­ni­fier les for­ma­tions sur plu­sieurs auto­mates les mêmes jours, dif­fi­cile égale­ment de don­ner une semaine à chaque four­nis­seur pour qu’il puisse ins­tal­ler et for­mer tran­quille­ment! Il y a des délais..

Enfin, et tout ceci mis à part, je conti­nue joyeu­se­ment à rédi­ger pro­cé­dures géné­rales, ins­truc­tions de tra­vail, et autres for­mu­laires d’enregistrement pour que tout soit prêt (oui, je rêve..) pour la visite des ins­pec­teurs du COFRAC (j’appréhende énor­mé­ment ce jour.. Qui sait ce qui n’ira pas?)

Et voilà pour les nou­velles! Désolé encore pour le délai depuis le der­nier mes­sage, non ce blog n’est pas mort!

Bien à vous,

Michaël

PS : je pro­fite de cet espace pour féli­ci­ter et remer­cier mes col­lègue du SJBM pour leur lutte héroïque contre les pro­jets de quelques man­da­rins de CHU qui essayent depuis quelques semaines, au mépris total de l’ordonnance, de la norme 15189 dont l’application est ren­due obli­ga­toire (oui, même à vous!) mais aussi et sur­tout au mépris de notre spé­cia­lité, de per­mettre à des méde­cins d’autres spé­cia­li­tés, ou à des scien­ti­fiques, ou fina­le­ment à n’importe qui (ne nous fixons aucune limite!) de pour­voir occu­per des postes de bio­lo­gistes dans les Hôpi­taux. Je me demande ce que ces mêmes per­sonnes pen­se­raient de me voir prendre un poste et exer­cer comme pra­ti­cien hos­pi­ta­lier uni­ver­si­taire dans un ser­vice de chi­rur­gie cardiaque!!!

Dans cette rubrique, retrouvez la chronique rédigée par un jeune biologiste, Michaël Barrand qui se lance dans la création de son laboratoire. 1/6 Le 23 mars 2010 Bonjour à tous, Je

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